sexta-feira, 23 de abril de 2010

A loucura é espelho do outro

L'Homme et son image
La Fontaine
Un homme qui s'aimait sans avoir de rivaux
paissait dans son esprit pour le plus beau du monde.
Il accusait toujours les miroirs d'être faux,
Vivant plus que content dans son erreur profonde.
Afin de le guérir, le sort officieux
Présentait partout à sex yeux
Les conseillers muets dont se servent nos dames:
Miroirs dans le logis, miroirs chez les Marchands,
Miroirs aux poches des galands,
Miroirs aux ceintures des femmes.
Que fait notre Narcise? IL va se confiner
Aux lieux les plus cachés qu'il peut s'imaginer
N'osant plus des miroirs éprouver l'aventure.
Mais un canal, formé par une source pure,
Se trouve en ces lieux écartés;
Il s'y voit; il se fâche; et se yeux irrités
Pensent apercevoir une chi´mère vaine.
Il fait tout ce qu'il peut pour éviter cette eau;
Mais quoi, le canal est si beiau
Qu'il ne le quitte qu'avec peine.
On voit bien où je veux venir.
Je parle à tous; et cette erreur extrême
Est un mal que chacun se plaît d'entretenir.
Notre âme, c'est cet Homme amoureux de lui-même;
Tant de miroirs, ce sont les sottises d'autrui,
miroirs, de nos défauts les Peintres légitimes;
Et quant au canal, c'est celui
Que chacun sait, le Livre des maximes.



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